RESIDENCE # 2 Torigny-les-Villes contexte & démarche
FAIRE ENSEMBLE / VIVRE ENSEMBLE Nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société. février – juin 2025 Résidence de territoire #1 Torigny-les-Villes. Un contexte, une démarche. RESIDENCE DE TERRITOIRE #2 2025 initiée par l’association Bouillonnant Valthère en partenariat avec la commune de Torigny-les-Villes dans le cadre de l’appel à projets «Territoires ruraux, territoires de…
FAIRE ENSEMBLE / VIVRE ENSEMBLE Nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société.
février – juin 2025
Résidence de territoire #1 Torigny-les-Villes. Un contexte, une démarche.

RESIDENCE DE TERRITOIRE #2 2025 initiée par l’association Bouillonnant Valthère en partenariat avec la commune de Torigny-les-Villes dans le cadre de l’appel à projets «Territoires ruraux, territoires de culture 2024-2025» de la DRAC Normandie.
Après avoir développé durant 6 années ces actions sur la commune test de Thèreval et fort de ces expériences et de leurs résultats, l’association développe à présent ses actions sur de nouveaux territoires. Dans ce cadre, le Bouillonnant Valthère accompagne aujourd’hui la municipalité de Torigny-les-Villes, qui compte parmi les 3 villes du Saint-Lois bénéficiant du dispositif PVD, Petite Ville de Demain, pour accueillir une résidence de territoire. Son thème « FAIRE ENSEMBLE / VIVRE ENSEMBLE nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société », fruit d’une coécriture entre notre structure culturelle et la mairie de Torigny-les-Villes, vient questionner le faire et le vivre ensemble au travers des espaces publics.
Extraits de l’appel à candidature :
> un thème : FAIRE ENSEMBLE / VIVRE ENSEMBLE Nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société.
> un contexte : une résidence pour un territoire, Torigny-les-Villes Torigny-les-Villes est une commune nouvelle située au coeur du département de la Manche. Créée le 1er janvier 2016, elle est née de la fusion de quatre communes, Torigni-sur-Vire, Guilberville, Giéville et Brectouville, bien différentes par leur taille, leur physionomie, leur histoire et leur patrimoine. Torigny- les-Villes,avec ses 4 434 habitants, fait partie des trois pôles structurants de Saint-Lô Agglo.
Cette commune nouvelle, est composée d’un centre-bourg, Torigni-sur-Vire, renommé pour son patrimoine exceptionnel et associé au célèbre Château des Matignons, de deux autres communes plus discrètes, Guilberville et Giéville, et de Brectouville. Cette dernière, petite par sa taille avec 151 habitants mais bien connue pour ses Roches du Ham, un des plus beaux sites naturels de la Manche surplombant la vallée de la Vire entre falaises et bocages, fait également rayonner ce territoire. Quatre communes rurales bien différentes mais complémentaires qui offrent un riche panel de cadres de vie et d’activités mais qui cependant se questionnent sur leur place, leur avenir et leur devenir. Malgré ses nombreux atouts et son dynamisme Torigny-les-Villes semble sur le fil, comme de nombreuses communes rurales françaises, face au monde contemporain et à ses bouleversements. Elle cherche à garder ses habitants par le maintien voire le développement de ses activités, ses services et ses équipements, tout en préservant sa structuration, son échelle, sa physionomie et son authenticité. Torigny-les-Villes, par sa localisation privilégiée à proximité de l’A84 reliant le Calvados à la Bretagne, a le label Village Etape et compte parmi les trois villes de Saint-Lô Agglo qui bénéficient du programme national Petites Villes de Demain visant à redynamiser 1600 petites villes françaises.
Riche d’un patrimoine architectural et paysager remarquable et de nombreux équipements, la commune, s’applique à faire vivre la culture au cœur de son territoire. Un réseau associatif vivant, dense et varié participe également fortement à la vie et l’animation de la commune. Plus de 140 associations ont été recensées dont bon nombre d’associations culturelles et artistiques, reflet d’un territoire sensible et ouvert qui ne se résume pas à une ville patrimoine figée dans l’histoire. La commune cherche en effet à développer une culture ouverte, parce que la culture est un droit universel, un bien commun à partager vecteur de lien social, une culture qualitative mais néanmoins simple, transversale et facile d’accès pour se retrouver et faire ensemble.

> une problématique
La résidence de territoire vient questionner les espaces publics et la manière dont on peut se rencontrer, partager et faire des choses ensemble à Torigny-les-Villes en 2024. Une problématique nationale reprise à l’échelle locale, commune à tous les territoires, ruraux et urbains qui questionne la place, le rôle, les usages, les pratiques et le sens de nos espaces publics. Simples résidus du construit ou vecteurs et supports de cohésion sociale ? Peu investis ou surinvestis, aseptisés, improvisés, vivants ou figés, nos espaces publics parlent de nous et nous racontent.
La commune de Torigny-les-Villes peine à trouver sa place en 2024 malgré ses nombreux atouts. Phagocytée par son histoire et son imposant patrimoine, le centre-bourg se questionne, se projette et souhaite se renouveler et s’inscrire dans son époque pour perdurer, notamment via l’accompagnement du programme Petites Villes de Demain.
La question du lien social par le faire et le vivre ensemble, posée dans l’intitulé du projet, s’avère cruciale pour ce territoire dont près d’un tiers de la population vit seule. Difficultés à se rencontrer et à échanger entre les quatre communes mais également entre les habitants d’une même commune, la convivialité, le faire et le bien vivre ensemble n’étant pas toujours des valeurs corrélées au milieu rural, dans une société marquée par l’individualisme et le repli sur soi. Par cette résidence, les artistes seront amenés à questionner les espaces publics du territoire à l’échelle des 4 communes, même si la question des espaces publics touche d’avantage le centre-bourg de l’ancienne commune de Torigni-sur-Vire. Cette dernière possède en effet de nombreux espaces publics bien spécifiques liés à son histoire et celle de son château, comme ses étangs et ses cheminements le long du mur Grimaldi, ses places ainsi que les abords du château et sa cour aux canons. Autant d’espaces, souvent pensés comme des écrins, pour mettre en valeur un paysage, un monument ou un bâtiment, qui pourront être interrogés, revisités, valorisés, projetés.
Cette résidence de territoire sera l’occasion rêvée pour les artistes de se réapproprier des biens communs à partager, d’investir une rue, un chemin, une place, un jardin, d’impulser de nouvelles pratiques, de tester de nouveaux usages pour casser les codes, pour faire et penser autrement et collectivement avec et pour les habitants. En repensant les espaces publics les artistes seront également amenés à questionner nos modes de vie et la place accordée au faire et au vivre ensemble en 2024 à Torigny-les-Villes. Une expérience artistique, collective, transversale et sensible pour remettre les relations humaines et l’humain au cœur du projet.

> une première résidence de territoire en 2024
La commune de Torigny-les-Villes et l’association Bouillonnant Valthère ont accueilli 2 artistes, Mathilde Bennett, plasticienne et Céleste Thouin, vidéaste, pour une première résidence de territoire, de février à mai 2024. La résidence qui avait déjà pour thème FAIRE ENSEMBLE / VIVRE ENSEMBLE Nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société a amené les 2 artistes à découvrir le territoire de Torigny-les-Villes et rencontrer ses habitants pour co-construire leurs projets. Cette proposition culturelle, nouvelle pour la commune, par son format, sa temporalité, son process et ses objectifs, a su trouver sa place localement et amorcer de dynamique sur le territoire via son volet participatif.
Mathilde Bennett a investi l’espace public, discrètement, en s’appuyant et en questionnant un élément incontournable du paysage et des espaces publics : le banc. Au travers des différents temps de médiation qu’elle a pu mener, avec les élèves du collège, au centre de loisir, à l’EHPAD, mais aussi au cours de discussions avec les habitants rencontrés en chemin, l’idée qu’un banc public pouvait s’apparenter à une île dans la ville est apparue. Une ville tel un vaste archipel rempli d’habitants, à arpenter et à découvrir en peu de temps : Torigny-les-Iles…
Entre février et mai 2024, un dispositif avec un protocole ont été mis en place par l’artiste. Des boîtes aux lettres ont fait leur apparition sur la commune, 7 boites accrochées à 7 «bancs-îles» bien singuliers ; l’idée étant qu’avec sa boîte aux lettres chaque banc devienne un lieu à part entière, repérable, identifiable, un début de «chez-soi», à l’extérieur, sur les espaces publics. Objectif : recueillir la parole, ou plutôt les pensées des habitants. Un travail de collecte est alors lancé.
Mathilde souhaite montrer comment, par le geste simple d’accoler une boîte aux lettres à un banc, un espace de liberté pouvait trouver sa place dans la ville et engendrer une émulation, au sein de la population. Une vague de poésies, de convictions, de revendications mais aussi d’amour a tenté de faire déborder les boîtes aux lettres de «Torigny-les-Iles ».
Extrait de la consigne : « À quoi pensez-vous, assis.e.s sur votre île ? Un banc, un rocher, un talus, un tronc d’arbre, une chaise, un muret… À quoi rêvez-vous ? Un souvenir ? Une rencontre ? En face de vous s’étend le paysage, qu’observez-vous à l’horizon ?Racontez ce que vous voyez depuis votre île…À vos plumes ! Ici, ou de retour à la maison, prenez le temps qu’il vous faut et posez vos pensées sur le papier, avant de les poster dans la boîte aux lettres …»

Plus de 40 textes ont été récoltés et triés par thème, avant d’être mis en page par l’artiste dans un journal. Des photographies, des dessins, des cartes postales et des collages, issus d’ateliers menés avec différents publics, ont rejoint le corpus de textes au sein de l’édition . Une structure reprenant l’esthétique d’un kiosque à journaux, a été créé pour l’occasion, afin de présenter l’intégralité du processus créatif mais également l’édition. Les journaux ont ensuite été offerts aux participants, mais aussi plus largement aux habitants lors de la restitution. Pour assurer une diffusion plus large de l’édition, le kiosque, a été dans un second temps installé à la médiathèque, permettant aux visiteurs et usagers des lieux de prendre connaissance du projet et d’avoir librement accès aux journaux. Des commerces des communes de Torigny-les-Villes ont également mis à disposition de leurs clients des journaux. Cette diffusion accompagnée du kiosque pourrait se faire dans d’autres espaces publics comme la place de la mairie lors du marché. Les productions de Mathilde Bennett questionnent publiquement, par l’objet «banc», notre rapport à l’autre, à la place que nous lui accordons et que nous lui faisons dans l’espace public et plus largement dans nos vies. Son édition, nourrie en grande partie des productions écrites et plastiques des participants du projet, a ouvert un espace public de parole, matière propice aux échanges et à la rencontre.

Désireux de s’éloigner de ce que Torigny-les-Villes nous livre spontanément, son château, son mur et ses étangs, Céleste Thouin est allé à la rencontre des habitants pour nous parler du territoire, avec son histoire, ses histoires et ses espaces publics. Loin d’un protocole contraint, le vidéaste part à la rencontre de l’autre. Délicatement, sans être intrusif, il invite les personnes rencontrées à s’exprimer sur ce qu’elles souhaitent. Les gens se livrent. Ils parlent simplement de ce qui compte à leurs yeux. Ils disent, expliquent ou montrent ce qui les accroche et les raccroche à leur territoire, une maison, un métier, une rencontre, une place, une initiative, une pratique, une époque.

Ces petites histoires, collectées dans les 4 communes qui font Torigny-les-Villes, racontent des choses simples, le quotidien, le collectif mais aussi l’intime, passé et présent, par les images, les mots et les longs silences . Le film « Il m’est arrivé de vous connaître, chronique d’une petite ville de la Manche » offre un espace de parole aux habitants incluant les taiseux. Réalisé à la manière d’un documentaire le film de Céleste Thouin met l’accent sur le caractère rural du territoire, et questionne, en creux, via ses portraits, la place du collectif et du faire ensemble de nos jours à Torigny-les-Villes.

> modalités de la résidence #2 : une résidence de territoire, participative et à thème
L’appel à candidature concerne :
– une résidence de territoire afin d’ancrer le projet et ne pas produire hors sol. Le projet de l’artiste sera pensé sur mesure, pour et avec le territoire de Torigny-les-Villes, commune située au coeur du département de la Manche en Normandie. C’est travailler in situ, contextualiser un projet pour faire adhérer la population et prendre en considération un lieu, un milieu et ses habitants, montrer à la fois ce qui se pense et ce qui se fait. L’artiste ne sera pas accueilli en résidence pour poursuive son travail et ses recherches personnelles
– une résidence participative et collaborative pour aller vers les habitants et les associer aux démarches de création et/ou de production. L’artiste devra être, en mesure d’impliquer, d’associer et de travailler avec différents publics pour les rendre actifs et acteurs dans les différentes phases de production. Inciter à faire collectivement et s’impliquer, c’est s’intéresser et valoriser les habitants et leur territoire, les fédérer autour de projets partagés tout en créant du lien.

– une résidence à thème avec un sujet et une problématique pour inscrire le projet artistique dans le quotidien et aborder en milieu rural, par l’art et la culture, des questions de société et d’actualité pour en débattre publiquement et collectivement. Les productions de l’artiste soulèveront des questionnements, amèneront des débats et pourront ouvrir et envisager des possibles.

> mission :
L’association Bouillonnant Valthère en partenariat avec la mairie de Torigny-les-Villes lance un appel à candidatures pour une résidence de territoire, au premier semestre 2025, sur le thème FAIRE ENSEMBLE/VIVRE ENSEMBLE, nos espaces publics, enjeux de territoire, marqueurs de société. La résidence accueillera 2 artistes issus de disciplines différentes pour porter deux regards distincts mais complémentaires sur le même sujet . Les artistes travailleront avec le territoire et ses habitants. Leurs démarches et leurs processus créatifs devront comporter une dimension collaborative et participative. L’appel à candidatures est ouvert à toutes disciplines artistiques (peinture, sculpture, photo, installation, vidéo, écriture, illustration, danse, musique, design d’objet, design graphique, design culinaire, paysage, architecture, arts vivants …).
Retrouver toutes les modalités de la résidence dans l’appel à candidatures.

