RESIDENCE # 2 Thèreval synthèse des travaux

THEREVAL NOUVEAU TERRITOIRE CHERCHE IDENTITE – De l’histoire à la géographie, un trait d’union à inventer entre des terres et des hommes. février 2020 – novembre 2021 Comment transmettre nos histoires ? La Demanderie, un projet entre graphisme, photographie et construction. Dans le cadre de ses actions culturelles, l’association Bouillonnant Valthère a accueilli, en partenariat…

THEREVAL NOUVEAU TERRITOIRE CHERCHE IDENTITEDe l’histoire à la géographie, un trait d’union à inventer entre des terres et des hommes.
février 2020 – novembre 2021

Comment transmettre nos histoires ? La Demanderie, un projet entre graphisme, photographie et construction.

Dans le cadre de ses actions culturelles, l’association Bouillonnant Valthère a accueilli, en partenariat avec la commune de Thèreval, entre février et novembre 2020, deux artistes en résidence pour 7 semaines, afin de questionner l’identité des territoires nouveaux et l’impact de la fusion des communes rurales sur la vie de leurs habi­tants.

Ce projet, expérimental et transversal, mêlant art, culture et sociologie, a été lauréat de l’appel à projets 2019/2020 «Terri­toires ruraux, territoires de culture», porté par la DRAC Normandie. Deux artistes ont été retenues parmi les 87 candidatures reçues, Adeline Vieira, designer graphique/plasticienne et Mathilde Gintz designer graphique/photographe.

Cette deuxième résidence, bien que fortement perturbée par la crise sanitaire actuelle, a pu se faire et apporter sur la commune de Thèreval, une ouverture sur l’art et ses processus créatifs tout en créant du lien entre les habitants. Ce projet culturel vient nourrir la dynamique de territoire enclenchée par la première résidence.

Les artistes Mathilde Gintz et Adeline Vieira ont souhaité travailler ensemble durant les 7 se­maines de résidence pour concevoir un projet à 4 mains. Le calendrier de la résidence a été remanié suite à la crise sanitaire. En effet, le projet, inauguré le 8 février 2020, a très vite été stoppé après un semaine de résidence. Les artistes ont tout juste pu découvrir sommairement le territoire et rencontrer certains habitants.

Pour garder le contact et continuer à échanger avec les habitants durant la première période de confinement, les artistes ont souhaité établir un principe de correspondance.

Les habitants étaient invités à écrire un texte narratif, descriptif, fictif ou renseigné historiquement sur les noms des hameaux d’Hébécrevon et de La Chapelle Enjuger. Cette correspondance qui s’est construite sur plusieurs semaines via les réseaux sociaux a permis à Adeline et Mathilde de découvrir Thèreval à distance, autrement.

Dès leur retour à Thèreval, le projet ayant été interrompu durant 8 mois, Mathilde et Adeline ont réinvesti la mairie annexe de La Chapelle Enjuger pour 6 semaines consécutives et ont organisé, quelques jours après leur retour, une présentation publique de leurs premières pistes de réflexion avec comme grandes lignes :

– faire de leur atelier de travail, soit la mairie annexe de La Chapelle Enjuger, le temps de la résidence, un lieu de rencontre et d’échange avec les habitants comme un tiers lieu. Pour se faire elles nomment ce nouveau lieu La Demanderie, nom tout droit tiré d’un nom de hameau voisin, elles organisent des permanences pour parler de leur projet, elles lancent aussi une collecte de meubles, vaisselles, et bibelots pour accueillir les habitants chaleureusement autour d’un café.

– trouver un mode de dialogue entre les villages, à distance, et afficher cette communication aux yeux de tous en investissant l’espace public. Adeline et Mathilde ont souhaité afficher sur les murs des bâtiments des questions, des textes, des photos et autres images graphiques. L’objectif de ce dispositif artistique était multiple, faire signe dans les paysages quotidiens de Thèreval, interpeller les habitants en les questionnant publiquement sur leur territoire et parler de nos villages publiquement. Cette correspondance, à grand échelle cette fois-ci, inter-villages et visible dans les rues permettait d’interpeller les habitants et de sortir les travaux des artistes sur l’espace public pour signaler leur présence.

Mathilde Gintz et Adeline Vieira ont imaginé plusieurs productions pour questionner le territoire, son identité et permettre aux habitants d’apprendre à se connaitre et de se rencontrer. Le nom de leur projet, La Demanderie, va se compléter de nouvelles produc­tions qui tentent toutes d’apporter un élément de réponse à une question relative à l’identité : comment transmettre nos histoires ?

Mathilde et Adeline confectionnent des drapeaux qui reprennent des éléments emblématiques des villages, forment l’imagerie populaire d’un nouveau territoire et fabriquent une structure composée de 6 bancs qui invitent physiquement à la rencontre et à la discussion, prétexte aux rapprochements, support aux échanges.

Les dernières productions sont réalisées à nouveau en période de confinement, principalement par les artistes.

Bien que perturbée par la crise sanitaire cette deuxième résidence a été me­née à bien et s’avère réussie. Le projet a pu/su conserver un volet participatif et impliquer différents publics cités précédemment. Les habitants intéressés par ce type d’actions culturelles, sensibilisés par la première résidence ont répondu présent dès l’arrivée des artistes à Thèreval. Le projet, bien qu’ar­rêté pendant 8 mois a pu reprendre. Les habitants sont revenus et les écoles ont bousculé leur programme annuel pour que les élèves puissent bénéficier du projet. La restitution finale n’a malheureusement pas pu avoir lieu dans la continuité du projet. Les artistes sont revenues, 6 mois après la fin de leur pr­ojet, nous présenter leurs travaux. Ce temps de restitution de quelques heures a permis de clôturer la résidence, d’en découvrir sa richesse et de se retrouver malgré tout, en petit comité.

Une résidence manifeste. Quand l’art observe et questionne les territoires ruraux.

Mathilde Gintz et Adeline Vieira ont passé 6 semaines à Thèreval, 6 semaines pour découvrir, observer et questionner un territoire et ses habitants. Leur projet commun, déployé sous différentes formes allant de la création d’un micro tiers-lieu, La Demanderie, au graphisme et à l’affichage public a posé la base des premiers échanges entre les villages. Par différents dispositifs de communication allant de l’affichage de photos aux collages muraux associant des mots et des images, les artistes ont questionné publiquement les villageois sur leurs vies, leurs usages et leurs pratiques du territoire. Ces modes d’expression libre, visibles dans l’espace public, avaient pour objectif d’attirer l’attention des passants, de faire signe dans le paysage, de faire parler du projet et de faire circuler les informations et les messages d’un village à l’autre. Le projet artistique est devenu, avec ses interrogations publiques, le prétexte à la discussion, à la rencontre et aux échanges laissant place à de nouveaux récits amorces d’une mémoire collective commune. Mathilde et Adeline ont rendu publics différents questionnements relatifs à la mémoire, à la culture locale, à l’histoire, aux histoires allant de l’individuel aux communs. Des questionnements qui au fil des mois ont fait leur chemin et suscité l’envie d’y apporter des réponses collectives au travers d’actions citoyennes. Cette résidence est à l’initiative de la construction participative d’un four à pain communal sur la commune de Thèreval.

Ce projet est  soutenu par la DRAC Normandie, Conseil Département de la Manche, Saint-Lô Agglo, la mairie de Thèreval et le groupe Terreal.


Vous pouvez consulter l’intégralité de la démarche et des productions dans un journal le bord et le registre.

Publications similaires